En participant au blogue, Estelle et Franck souhaitent démystifier les préjugés défavorables des adoptions tardives et servir de modèle aux parents qui souhaitent adopter un enfant de plus de 3 ans.

Estelle et Franck ont adopté Carmella aux Philippines alors qu’elle avait près de 4 ans. « C’est un projet qui nous a portés pendant 8 ans. Nous avons souhaité très fort avoir une famille. Après avoir consulté les cliniques de fertilité, nous avons rapidement opté pour l’adoption internationale, ça nous a semblé être la voie qui nous ressemblait le plus », indique Estelle. « Nous avons déposé notre dossier au même moment où notre fille est venue au monde », ajoute-t-elle. Quarante-sept mois plus tard, la famille était réunie. Initialement, ils ont fait une demande pour un enfant âgé entre 24 et 48 mois donc ils étaient surpris d’apprendre qu’elle avait près de 4 ans. Même s’ils avouent avoir eu quelques craintes, Estelle précise que tout va bien et que son développement est normal : « Aux Philippines ils donnent beaucoup de documentations sur le développement de l’enfant, un bon compte rendu médical, alors on prend une décision en fonction de quelque chose qui est assez étoffé. »

Photos : La petite Carmella et Teddy Bear, son toutou préféré!

La petite Carmella a eu une réaction positive à l’arrivée de ses parents à l’orphelinat. Elle était censée partir après la 4e journée de rencontre, mais elle a finalement pu quitter avec ses parents le 1er jour. « La première réaction de Carmella, elle était réservée, très timide face à nous. Ce sont les adultes de l’orphelinat qui l’ont poussée vers nous. On avait amené des petits cadeaux pour elle, des petites attentions. […] Après 5 minutes elle a accepté de se faire prendre, et ensuite, elle ne voulait plus descendre! », mentionne sa mère. Selon elle, le moment le plus déchirant et difficile du voyage fut la cérémonie : « Aux Philippines, dans cet orphelinat, il y a une cérémonie de mise en confiance, une cérémonie religieuse, il y a un prêtre qui bénit l’adoption, tous les enfants sont là. À ce moment, cela a été plus difficile, elle pleurait beaucoup. »

Photos : Une petite pause durant une belle promenade familiale.

Éducatrice spécialisée de métier, Estelle en savait déjà beaucoup sur les stades de développement d’un enfant et quels jouets étaient à privilégier avant d’accueillir Carmella dans son nouveau cocon familial. « Je savais à quoi m’attendre par rapport à son âge, mais après on apprend à connaitre ses forces, ses envies, ses intérêts. » Carmella était un peu anxieuse à son arrivée au Québec. « Elle ne pouvait pas sortir de la maison, ça a été vraiment long avant qu’elle puisse marcher deux blocs de rue, sortir de mes bras, marcher dans la neige. Au début, elle trouvait ces choses épeurantes, mais aujourd’hui elle a hâte de voir la neige, d’aller glisser, d’aller patiner, elle anticipe positivement! Elle est exposée à tellement de nouveautés dans un contexte d’adaptation alors il faut lui laisser une chance de vivre tous ces changements-là », ajoute-t-elle. Le lien d’attachement s’est plus rapidement tissé avec Estelle étant donné que c’est elle qui a pris congé après le voyage. Ils ont souvent joué à « attraper papa pour aider à établir la relation entre elle et Franck ».

Photo : Une petite grimace pour faire rire papa et maman!

Même si Carmella s’adapte bien à la réalité québécoise, la rencontre de nouvelles personnes représente encore un défi. « Il faut y aller doucement par rapport aux nouveautés, aux nouvelles personnes et aux nouveaux lieux, mais elle est capable d’explorer! », précise sa mère. « Ce qui est difficile en adoption, c’est que le développement de l’enfant ne suit pas toujours la norme, on ne peut pas se fier à ça, c’est la normalité adoptive. Il faut revenir à ce qui est normal pour elle. Il faut aller chercher plusieurs avis, psychologues, spécialistes en adoption internationale et lire sur le sujet, tout cela m’a aidé, il faut diversifier ces sources. »

Photo : Estelle et Carmella qui s’amusent à regarder les bateaux passer.

Il y a quelques mois, Carmella a dit « je t’aime » pour la première fois et c’était très touchant selon sa mère. « On lui dit souvent, on veut qu’elle sache que nous l’aimons. Au début on lui disait, on est là pour toujours. Certaines nuits ce n’était vraiment pas facile, on lui répétait qu’il n’y avait pas de danger, qu’elle était en sécurité avec nous, qu’on était là pour toujours et qu’on était là pour elle. C’était nos petites phrases pour l’aider à s’endormir! ». En retour, elle leur demandait « pour toujours toujours? « Ça me touchait vraiment beaucoup et je répétais  »pour toujours toujours. Papa et maman seront là pour toujours toujours »! »

Aujourd’hui, Carmella a commencé la garderie et l’adaptation s’est bien passée. Après 9 mois ensemble, il y a déjà une belle complicité qui se développée au sein de la famille. « Notre fille est pleine de vie, rayonnante, elle mord dans la vie! Nous sommes des parents comblés! », déclare Estelle. « On a rêvé pendant 10 ans à avoir une famille, ç’a été beaucoup d’énergie, beaucoup de travail, maintenant on veut profiter pleinement de la situation. Si on avait un autre projet d’adoption, ce serait dans les mêmes âges, je n’hésiterai pas, ma peur ne serait pas aussi grande qu’elle était au début par rapport à l’âge de l’enfant. »

Photos : De beaux moments et une belle complicité entre les membres de la famille.

Estelle souhaite transmettre « un message différent que ce qu’on entend ou lit dans les livres sur l’adoption ou dans les médias quand on y parle d’adoption tardive. » Selon elle, le « plaisir de découvrir un enfant extraordinaire » est plus important que les risques, les difficultés ou les défis. « Je trouve ça malheureux, car les chances que ce soit une belle histoire sont plus grandes. Je trouve aussi que c’est triste pour les enfants, quand je pense que ma fille n’aurait peut-être pas eu de famille, qu’elle aurait pu être privée de ce droit, car les enfants plus âgés ont moins de possibilités d’être adoptés », confie sa mère. « Mon conseil serait de prendre la chance que les choses puissent bien se dérouler, en étant réaliste et en considérant les risques selon nos capacités. En se disant qu’il faut laisser le temps aux choses de se placer aussi. Il ne faut pas penser juste aux risques que ça se passe mal, il faut voir toutes les belles choses, les petites lumières dans les yeux de notre enfant! Pour nous, c’est une chance incroyable que d’être les parents de cette fillette de 4 ans! »


Un grand merci à Carmella, Estelle et Franck pour leur participation!

Rédaction: Amélie Légaré en collaboration avec Estelle et Franck

Photographie: Audrey Mainguy

One thought on “”

  1. Félicitations à vous deux. Quelle belle famille vous faites. Votre fille est chanceuse d’avoir des parents tel que vous.

    Avec un blogue comme le vôtre et des parents avec autant d’amour que vous deux, vous allez en inspirer d’autres futurs parents qui pourront donner à un enfant comme Carmella.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*