Emmanuelle et François ont adopté deux enfants de la Colombie avec des besoins particuliers: Jean-Manuel, 14 mois, en 2009 et Sandra, 17 mois, en 2011. En participant au blogue, ils souhaitent aider les futurs parents à mieux comprendre certaines réalités de l’adoption internationale, les encourager à bien se préparer et à respecter leurs limites.

Selon Emmanuelle, certains aspects de l’adoption internationale ont changé depuis que le couple a adopté il y a quelques années. Les besoins particuliers de ses enfants ne sont effectivement pas les mêmes que ceux qui sont identifiés dans les listes aujourd’hui. « J’ai une magnifique histoire, je souhaiterais ça à tout le monde même si je vis certaines difficultés reliées à l’adoption, mais ce que j’ai vécu, qui est un peu idyllique, ce n’est malheureusement plus ça maintenant », précise-t-elle.

Photos : Emmanuelle avec sa fille Sandra, toujours enjouée, et un beau moment de complicité en famille!

 Leur expérience d’adoption

Emmanuelle et François ont attendu trois ans et demi avant d’accueillir leur premier enfant. Leur demande initiale est partie en 2006 pour une fratrie entre 0 et 36 mois. En 2008, le couple a dû changer de catégorie et a décidé de s’inscrire pour adopter un enfant avec des besoins particuliers. Un jeune garçon de 14 mois en bonne santé, dont le dossier était classé dans les besoins particuliers, Jean-Manuel, leur a été proposé en 2009. Lors de la réception de la proposition, Emmanuelle suggère aux parents de prendre le temps qu’ils ont besoin pour étudier le dossier avant d’annoncer la nouvelle. « En tant que parent, tu es le mieux placé pour prendre la meilleure décision. Tu peux apporter à l’enfant les choses dont il a besoin, mais si tu n’es pas adéquat pour les combler, ça peut être une catastrophe qui s’en vient. Il faut donc être capable de faire une introspection. J’ai fait [au pied de la lettre] ce que les spécialistes m’ont dit, car je me fie aux gens qui l’ont fait avant moi », conclut-elle.

L’expérience de la première adoption a été positive pour les deux parents, malgré les périodes difficiles qu’ils ont vécus par moment. Pour leur deuxième adoption, les deux parents ont décidé de s’inscrire « tout de suite sur la liste pour un enfant à besoin particulier ». Entre Jean-Manuel et l’arrivée de leur fille Sandra, le couple a reçu trois propositions, dont deux qu’il a dû difficilement refuser. Le couple a ainsi respecté ses limites et voulait permettre aux enfants d’être jumelés à des parents possédant les meilleurs outils pour répondre à leurs besoins. Pour prendre une décision éclairée, Emmanuelle croit qu’« il faut faire confiance en la vie, mais être très lucide, très raisonnable, il ne faut pas être émotif et il faut savoir ce qu’on est prêt à accepter comme dossier. Quand tu es le prochain sur la liste, tu es émotif, tu as juste hâte. » Selon François, le couple a aussi considéré l’impact qu’aurait la deuxième adoption sur Jean-Manuel. « Ce qui est difficile, c’est d’être conscient de tes propres limites et de bien percevoir l’impact que ça peut avoir sur ta vie et ce que tu peux faire pour cet enfant-là, et plus tu attends plus c’est difficile de faire l’exercice », précise-t-il.

Photos : Une belle journée ensoleillée pour parler de la Colombie en famille!

Chacun à son rythme

« Le dossier de Sandra avait 3 pouces et demi d’épaisseur, il était assez impressionnant. Elle est arrivée au Québec à 22 mois, on est resté près de trois mois en Colombie. Elle est une enfant facile, très résiliente, hop la vie!… », indique Emmanuelle. Selon François, Sandra a beaucoup d’entregent, est très aimable et facile d’approche. Pour le moment, son frère semble plus conscient de son adoption et intéressé à en savoir davantage sur ses origines. « Jean-Manuel a fait sa première année à l’école et dès qu’on lui offre un sujet d’exposé oral, que ce soit un sport, un aliment, un voyage, il ramène tout à la Colombie », précise-t-elle. Il faut dire que le jeune avait 3 ans et demi lorsque la famille est allée chercher Sandra en Colombie et qu’ils y sont restés trois mois.

« L’attachement a été super facile, contrairement à Jean-Manuel. » Après 5 mois, la travailleuse sociale leur avait dit que l’attachement n’était pas encore développé pour Jean-Manuel et cela a pris plus de deux ans, comparativement à seulement trois mois pour Sandra. « J’ai donc deux histoires d’attachement différentes, mais mon attachement pour eux est le même », ajoute la mère. Le couple considère qu’on parle beaucoup de l’attachement de l’enfant, mais pas assez de celui des parents. « Quand tu as un enfant que tu attends depuis 3 ans et demi, que tu le prends, qu’il regarde ailleurs et se débat, c’est vraiment difficile. Pour Jean-Manuel, ç’a été long avant d’avoir un premier sourire », confie Emmanuelle.

Photos : Sandra et Jean-Manuel, une belle complicité fraternelle!

Retrouver ses racines

Les deux parents ont été très engagés durant l’ensemble du processus. Ils ont débuté leurs démarches pour accueillir leur deuxième enfant pendant les suivis de la première adoption. « J’ai été 7 ans avec la même personne qui venait chez nous pour monter nos dossiers ou nous évaluer. Je suis privilégiée, car je me suis aussi vraiment impliquée », ajoute Emmanuelle. Ces derniers sont partis préparés et sont allés eux-mêmes chercher les ressources nécessaires durant les procédures de leurs deux adoptions. Ils conseillent d’ailleurs aux futurs parents de bien s’entourer et d’être informés afin de permettre le meilleur déroulement possible.

Malgré le jeune âge des enfants à leur arrivée, les parents voulaient conserver leurs noms de naissance. Leurs racines colombiennes est une grande fierté et très importantes pour la famille.  Le couple parle ouvertement d’adoption avec les enfants. « On ne pousse pas les informations, mais quand les questions arrivent, on en parle ouvertement », affirme Emmanuelle. La Colombie étant très présente dans leurs vies, le couple compte y retourner en famille d’ici deux ou trois ans!


 Un grand merci à Sandra, Jean-Manuel, Emmanuelle et François pour leur participation!

Rédaction: Amélie Légaré en collaboration avec François et Emmanuelle

Photographie: Audrey Mainguy

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