En 2010, Dorothée, Hugues et leur garçon Brayan, retournaient dans le pays d’origine de ce dernier, en Colombie, pour accueillir dans leur famille, Karen, 9 ans, Julian, 7 ans et Johana, 5 ans. Suite à leurs belles expériences d’adoption, le couple souhaite maintenant encourager les futurs parents qui considèrent l’adoption de fratrie et démystifier l’accueil d’enfants plus âgés.

Le début de l’aventure

« Nous avons adopté Brayan en 2005 avec l’agence gouvernementale ICBF, il avait 10 mois, en excellente santé et c’est un enfant hyper facile », raconte Dorothée. Elle explique que Brayan a toujours été très impliqué dans le deuxième projet d’adoption et qu’il souhaitait avoir un frère. « À notre retour [de Colombie] on a rapidement décidé de faire une autre demande. Le site de Soleil des Nations cherchait des parents pour une fratrie de 3 enfants, j’ai pris des informations et j’ai demandé à mon amoureux, au début il a trouvé ça fou », ajoute Dorothée en riant. « Au début, c’est un stress qui est normal, mais quand la poussière retombe, on le referait. Je le referais 20 ans plus tôt, je recommencerais avec une fratrie de 2, 3 ou 4 sans problème », enchérit Hugues.

Photo : Les fous rires sont présents au quotidien!

La deuxième adoption s’est déroulée avec l’orphelinat CRAN qui a été très apprécié par le couple. « Il y a des psychoéducateurs, des pédiatres, des travailleurs sociaux et ils sont toujours disponibles pour nous aider durant le séjour. Nous avons eu beaucoup d’aide pour Julian, car il a fait de grosses terreurs nocturnes là-bas. Je leur lève mon chapeau », explique Dorothée. Elle ajoute que l’équipe du CRAN prépare bien les enfants à leur adoption et que le premier contact est plus facile grâce à leur travail. « Quand on est arrivé, ils nous ont sauté dans les bras et durant le séjour, Julian nous demandait souvent si c’était aujourd’hui qu’on partait au Canada. Ils ont hâte, mais il a fallu commencer un travail là-bas pour les accompagner dans leur nouvelle réalité », soutient Dorothée.

Durant le séjour, la barrière de la langue n’a pas été un problème pour la famille. « En Colombie, on faisait attention pour parler un peu plus en espagnol avec des demandes simples et il y a des moments où on comprenait absolument rien. Après une semaine, Brayan parlait très bien espagnol et c’est lui qui traduisait, il nous a épaté », se souvient Dorothée.

Évoluer avec un riche bagage

« Nos enfants ont une vision différente de la plupart des enfants nés au Québec. Ils sont reconnaissants de tout et, après 5 ans, ils disent encore qu’ils sont chanceux en remerciant la vie d’avoir ce qu’ils ont », explique Dorothée.

« Ils ont chacun leur histoire, Karen était très petite et le fait de mieux dormir, de bien manger et de ne plus vivre de stress, l’a fait grandir très vite, nous devions voir le pédiatre aux trois mois. Elle a une maturité incroyable, car toute petite elle devait s’occuper de son frère. Brayan était un bébé velcro [avec son père], à 10 mois il ne s’assoyait pas seul et n’était pas capable de changer de position, après deux semaines de travail intensif, il avait tout rattrapé. Maintenant, il est premier de classe, tout ce qu’il touche, il le réussit! Julian c’est le soccer, il ne dort pas avec le ballon et c’est tout, c’est un joueur élite! Il est persévérant dans tout, pas juste dans le sport, mais les études aussi. À 7 ans, il est arrivé et ne savait pas lire ni écrire, il n’avait jamais été à l’école et aujourd’hui il est premier de classe. Et notre belle Johana ne cesse de s’épanouir et de s’ouvrir au monde qui l’entoure, elle est un vrai rayon de soleil », précise-t-elle. Dorothée ajoute que leurs enfants ont une capacité d’adaptation incroyable et qu’ils sont travaillants pour bien réussir tout ce qu’ils entreprennent.

Accueillir des enfants plus âgés

À ce sujet, Karen, l’ainée de la famille, répondra à la blague aux couples qui hésitent : « ce n’est pas parce qu’on est grands qu’on n’est pas gentils, on va pouvoir vous aider avec la vaisselle. » L’ambiance dans la famille est toujours teintée d’humour et de taquinerie, ce qui aide les enfants à passer au travers des épreuves avec le sourire. « On est tout le temps en train de rire avec eux pour démontrer que ce n’est pas plus grave que ça, oui ils ont leurs histoires, mais on doit se donner la chance d’avancer », explique Hugues.

« C’est difficile d’avoir une idée de ce que les enfants vivent, on ne serait même pas capable de s’imaginer devoir vivre avec autant de changements, c’est normal qu’ils soient quelquefois en réaction », souligne Dorothée. « Il faut commencer tranquillement à mettre nos limites là-bas [en Colombie] pour mieux intervenir une fois rendus à la maison, avant cela, c’est trop pour l’enfant », ajoute-t-elle. « Ce qui a beaucoup aidé, c’est que j’ai pris deux ans de congé parental. Avec les plus grands, ça aide pour instaurer toute la routine et quand j’ai recommencé à travailler ça c’est fait super bien. Quand ils ont commencé l’école, juste le fait de savoir que j’étais à la maison, que maman est là, ça les a beaucoup aidés », précise Dorothée.

Un accueil chaleureux

Les commissions scolaires ont désormais de meilleurs outils pour aider les enfants plus âgés à intégrer leur nouvelle école et apprendre le français. « Lorsqu’on a avisé la commission scolaire, les plus vieux qui accueillaient Karen ont appris des petits mots en espagnol, ils ont mis des mots partout dans l’école. Ils les attendaient, ç’a été super bien accepté et l’école avait déjà un programme d’aide à la francisation », explique Dorothée.

Tous les jours, on constate l’évolution que les enfants ont eue depuis leur arrivée et ça fait oublier les moments plus difficiles. C’est incroyable le chemin qu’ils ont fait », conclut Dorothée.

Vous avez des questions et aimeriez discuter avec Dorothée et Hugues. Ils sont disponibles pour aider les futurs ou nouveaux parents ou simplement pour vous parler des quatre amours de leur vie.


 Un grand merci à Karen, Johana, Julian, Brayan, Dorothée et Hugues pour leur participation!

Rédaction et photographie : Audrey Mainguy

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