Depuis aussi longtemps qu’ils se connaissent, Dominique et Marquis avait un projet de vie, celui de fonder une famille par l’adoption. Au cours de leurs démarches, les surprises et les embûches ont été présentes. Avec résilience le couple réussit à passer au travers, encore plus fort. C’est d’abord pour la Chine qu’ils ont déposé en 2012 leur premier dossier d’adoption. Mais c’est le 1er avril 2015, dans un orphelinat d’Ukraine, que le couple rencontra pour la première fois leurs trois enfants, Maxim, 8 ans, Logan, 6 ans et Angélika, 4 ans. Entre les deux événements, le couple a su tranquillement faire son chemin vers leurs enfants.

Se laisser guider

« Au début, nous n’avions pas choisi l’Ukraine, car nous avions des préjugés à cause de ce que les spécialistes disent et de ce qu’on entend sur l’Europe de l’Est. Mais par la force des choses, ça nous a menés là et on en est super heureux » introduit avec enthousiasme Dominique. Au début, le couple avait déjà préparé leur dossier d’adoption pour envoyer la demande dès que Dominique aurait 30 ans, soit l’âge minimum pour adopter en Chine. En démarche pour la Chine, Dominique et Marquis se sont fait proposer, par leur agence, un projet pilote pour l’adoption internationale au Kazakhstan. « Notre dossier était déjà monté pour un pays, c’était juste une petite mise à jour et ensuite on déposait. On aurait été les premiers sur la liste. Donc on a dit go, on embarque » précise Dominique. Le couple a finalement reçu deux propositions d’enfants avec des problématiques de santé très exigeantes et il a dû considérer les autres pays ouverts avec leur agence. Dominique explique que leur coordonnatrice leur a présenté l’Ukraine et qu’au fil de plusieurs rencontres avec des familles adoptantes, ils étaient convaincus.

Photo : Maxim, Angélika et Logan, une belle accolade pour la photo!

Le départ tant attendu

« Notre dossier arrivait à l’agence TDH le 24 décembre 2014. Au début de mars 2015, on recevait un appel pour nous dire qu’on nous attendait le 30 mars à Kiev afin de nous présenter des propositions d’adoption qui concordaient avec notre évaluation psychosociale. On rencontrait finalement les enfants le 1er avril », ajoute Marquis. Les parents en procédure avec l’Ukraine ne sont pas jumelés avec leurs enfants avant leur départ. En effet comme l’explique le père, c’était l’inconnu qui attendait le couple. La première proposition qu’ils ont reçue correspondait aux âges idéals pour les parents et ces derniers les imaginaient déjà dans leur famille. « Je trouve important d’ajouter qu’au début, on n’est pas tombé en amour tout de suite avec eux et on se faisait dire qu’on allait pleurer toutes les larmes de notre corps. Oui on était heureux, mais on vit aussi tellement de stress, il ne faut pas se sentir coupable », se confie Dominique.

Photo : Rien de plus amusant que de faire des anges dans la neige!

Après une période de socialisation d’environ trois semaines où les parents ont visité leurs enfants une heure par jour, la décision du juge a été favorable et le couple pouvait enfin commencer leur vie de famille. « Notre premier vrai test a été de prendre le train pendant sept heures vers Kiev avec des enfants qu’on ne connaissait pas encore vraiment. À Kiev, c’est là que le party a commencé, on avait notre appartement en plein centre-ville, il y avait seulement un petit parc, une épicerie qui dépanne et là on devait s’organiser », explique la mère en riant! La famille a résidé un mois à Kiev. Cette période de transition leur a permis d’instaurer tranquillement une routine, d’apprivoiser leur rôle de parent ainsi que celui d’enfant et de former des liens. Marquis explique à ce sujet que dans « une fratrie, le plus vieux est souvent le chef de famille et il faut lui redonner son rôle d’enfant, car c’est un rôle qu’il n’a jamais appris. »

Photo : Les enfants adorent demander à leur père de faire l’avion!

La vie de famille

Le retour à la maison s’est bien déroulé et les enfants sont de plus en plus à l’aise avec leurs parents. « L’attachement a été plus facile à la maison, mais ça a été long et c’est toujours en développement. On a des bons enfants et l’attachement évolue très bien. La travailleuse sociale nous a dit que nous avions des enfants en défi d’attachement, mais ils ne sont pas en trouble d’attachement », nous précise Dominique. Marquis ajoute que les enfants ont souvent réagi lorsque le couple construisait tranquillement les limites à respecter et la réalité de ne pas pouvoir toujours obtenir ce que l’on veut, mais que ses réactions sont normales dans le développement.

« On dirait que ça fait des années qu’ils sont avec nous. À notre premier Noël ensemble c’était vraiment spécial, mais c’est comme s’ils avaient toujours été là », enchérit Dominique. « Tu développes une chimie et tu finis par connaître à l’avance les réactions de l’autre, comme si on les avait tricotés. Ils nous ressemblent et finissent même par avoir nos mimiques », rigole le père.

Photo : Un beau souvenir entre mère et fille!

Le couple conclut la rencontre en se rappelant les étapes qui les ont menés vers leur famille. « Pour chaque histoire d’adoption, il y a un parcours qui est déjà tracé, tu dois juste faire confiance. Il arrive des embûches, mais finalement pour arriver avec des enfants qui correspondent vraiment avec toi », se souvient Marquis. Dominique ajoute qu’« il y a plein de portes qui s’ouvrent, d’autres qui se ferment, mais finalement tout arrive toujours pour une bonne raison. »


 Un grand merci à Maxim, Logan, Angélika, Dominique et Marquis pour leur participation!

Rédaction et photographie : Audrey Mainguy

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*